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Santé

Hausse des forfaits hospitaliers : quels impacts sur les OCAM ?

Publié le 18/05/2026

Le début de l’année 2026 a été marqué par une revalorisation des forfaits hospitaliers, la première depuis 2018. Cette hausse se traduit par une augmentation de la contribution des organismes complémentaires d’assurance maladie (OCAM) au financement des établissements de santé.

Augmentation des forfaits hospitaliers en 2026

Le forfait hospitalier représente la participation financière du patient aux frais d’hébergement et d’entretien lors d’une hospitalisation. Depuis le 1er mars 2026, plusieurs forfaits ont été revalorisés :

  • Forfait journalier hospitalier : de 20 € à 23 € par jour.

  • Forfait journalier en service psychiatrique : de 15 € à 17 € par jour.

  • Forfait patient urgence : de 19,60 € à 23 €.

  • Forfait patient urgence minoré : de 8,49 € à 9,96 €.

Et depuis le 1er avril :

  • Forfait acte lourd (≥120€) : de 24€ à 26€.

Une mesure décidée par l’Etat dans le cadre de la Loi de financement de la Sécurité sociale 2026. S’y ajoute la majoration d’environ 5 % des Tarifs Nationaux Journaliers de Prestations (TNJP). Une évolution tarifaire indépendante du transfert de charges mais impactant le coût des prestations hospitalières.

Un contexte financier tendu

Ces mesures s’inscrivent dans un contexte complexe : manque de financement de l’hôpital public, explosion des affections de longue durée (ALD), vieillissement de la population ou encore augmentation de 4 % des dépenses publiques en 2024. Des phénomènes qui accentuent – directement ou indirectement – le déficit de l’Assurance Maladie.

Dans son rapport publié le 27 mai 2026, la Cour des comptes souligne que le déficit de la Sécurité sociale a doublé en deux ans pour atteindre 21,6 milliards d’euros en 2025, un niveau inédit hors période Covid.

Plus largement, l’institution alerte sur une trajectoire financière jugée peu soutenable à moyen terme, marquée par :

  • une dynamique de dépenses de santé structurellement élevée?

  • des besoins croissants liés au vieillissement et aux maladies chroniques,

  • et des marges de manœuvre à reconstituer.

Le rapport de la CNAM de juillet 2025 indiquait, quant à lui, que le déficit de l’Assurance Maladie pourrait atteindre jusqu’à 41 milliards d’euros en 2030 si aucune mesure n’était prise pour endiguer le phénomène.

Contribuer au financement du système de santé

Face à cette situation, l’État cherche donc des leviers de financement, sans augmenter les prélèvements obligatoires, lui permettant d’économiser 400 millions d’euros en 2026 et 450 millions d’euros en année pleine. L’Unocam (l’Union nationale des organismes complémentaires d’assurance maladie) estime même que ce transfert pourrait s’élever à 530 millions d’euros en année pleine. 

Pour les assurés, l'impact immédiat est limité : ceux qui bénéficient de contrats responsables (90% des contrats de complémentaire santé selon France Assureurs) verront ces surcoûts pris en charge à 100 %. Cependant, cela soulève des questions sur la capacité des OCAM à absorber ces charges supplémentaires sans augmenter les cotisations.

Des mesures d’ajustement plus que structurelles

La hausse des forfaits hospitaliers illustre une tendance de fond : le financement du système de santé repose de plus en plus sur les OCAM.

Si ces mesures contribuent à court terme à limiter le déficit, elles ne répondent que partiellement aux déséquilibres structurels du système de santé. Plusieurs analyses soulignent ainsi qu’il s’agit davantage de mesures d’ajustement budgétaire que de réformes de fond, susceptibles de garantir un retour durable à l’équilibre.

Pour les organismes complémentaires, cette évolution pose des enjeux majeurs : absorber des transferts de charges récurrents et préserver l’accessibilité financière des contrats, dans un paysage du financement de la santé en France en plein évolution.